Le journal de Genève
« [...] Voir appliquer aujourd’hui la biomecanique comme principe de jeu est alors aussi émouvant qu’intéressant. Si ses principes fondamentaux sont l’énergie corporelle, les mouvements choreaux (on pense au ballet mécanique de Schlemmer), l’union de la mécanique moderne et des arts du cirque ainsi que du comique chaplinesque, le diptyque des allemands en est une bonne et efficace illustration. Dans un unique décor (à peine transformé), où ne manque pas l’escalier «constructiviste», avec l’appoint rhythmique et musical de musiciens qui joue en direct, les deux metteurs en scène mènent leurs comèdiens, diablement agiles, dans un ensemble où l’énergie se diffuse de l’un à l’autre. [...] Von Treskow, lui, souligne le sarcasme, l’humour noir de Vvedenskij qui dénonce par l’absurde la non-vie sous Staline. Il donne la parole à un narrateur suspendu dans les airs, qui commente les évolutions de trois poètes enfermées et n’ayant plus d’autre issue que la mort. L’idée est forte et sauve le spectacle qui abuse, dans le jeu des trois poètes, des «slapsticks» chaplinesques. [...] »

Sandrine Fabbri